Etant donné que le concert se rapproche (quoi vous ne saviez pas qu’on est en concert le 25 novembre à l’espace b aka la compagnie générale?) et qu’il y sera beaucoup question de nouveaux morceaux et que bien sûr comme dans pas mal de concerts de rock il sera difficile de comprendre les paroles et qu’en plus on a connu meilleur « articulateur » que moi, je me disais que ça pourrait être rigolo de préparer le futur spectateur à ces nouveaux morceaux en leur tirant le portrait (et ce en attendant de pouvoir concrétiser mon rêve secret d’un opéra rock grandiloquent où chacun recevrait un magnifique livret avant le show).
Je vais commencer par les morceaux de la vidéo teaser#1 qu’on a publiée récemment à savoir Chocolate Cake et des Passages dans les Arbres
+++ Chocolate Cake +++
You and I got off on the wrong foot
The truth is when it comes to dance
Both of mine feel so wrong, I suck
But you, you’re a natural, you know all the moves
Chocolate Cake…
If you eat mine, I eat yours (x2)
Chocolate Cake…
If you eat mine, I eat yours (x2)
If you feel mine, I feel yours (x2)
I didn’t know that fish could look cute
Maybe it’s something you do to me
And then I trashed talk your cake
But you weren’t mad, you wanted to see me again
Comme beaucoup de chansons de Staircase, cette chanson est plus ou moins inspirée de faits réels : je danse très mal et il y a vraiment eu un gâteau au chocolat et il était complètement crâmé. Y a bien eu des poissons aussi. J’imagine que c’est pas beaucoup plus clair, en plus les paroles sont dans le désordre… Non pas que j’avais envie de faire une narration éclatée très sophistiquée, à la base. Juste que j’avais que 4 phrases par couplet et j’en avais écrit 6. Tandis que j’avais que 2 phrases pour le couplet 2. Ca aurait été dommage que ça se perde… Aucun remord, la mémoire n’est de toute façon pas séquencielle, les choses remontent parfois dans le désordre, les plus fortes, celles qui marquent le plus avant.
Et puis pour avoir une chanson bien comme il faut, où tout serait compréhensible, il manque carrément un couplet entier pour tout dire explicitement. Le problème c’est que si le sens réclamait un couplet en plus, la musique qui a été finie bien longtemps avant se tenait très bien avec une structure à deux couplets. Dans le vieux temps de Staircase Wisp, ça aurait été l’occasion de se creuser la tête pour rajouter un couplet ou un pont avec un truc totalement différent (remember le pont pseudo reggae de the water remembers), l’ennui c’est que sur une structure toute simple et un refrain bête grunge et méchant comme ça, en rajouter une couche supplémentaire aurait été plutôt un contre-emploi, le morceau devait garder son côté très immédiat, on cherche l’efficace, le rentre-dedans plutôt que la subtilité.
Certainement parce qu’il y a déjà beaucoup de subtilité dans « if you eat mine, I eat yours »
+++ Des passages dans les arbres +++
Une des façons de justifier le GAS
, c’est de dire que des fois ce ne sont pas les évènements, les émotions qui sont à la base d’une chanson mais un son ou un accident sonore. Dans le cas des passages dans les arbres, il se trouve que j’ai fait l’acquisition l’année dernière d’une pédale de delay, le memory man with hazarai, qui dispose d’un mode particulier dit reverse qui passe le son à l’envers. Plutôt qu’un description pas claire, voici un petit mp3 de l’intro du morceau : example_memoryman_hazarai
L’intro en question se base sur un principe assez récurant finalement chez staircase : des positions d’accords réduites avec la corde de ré à vide en drone (c’est à dire que tous les accords ont comme note de basse le re en question, on retrouve ça sur l’intro de what’s the point? par exemple, of course je l’ai pas inventé, la note de basse en drone est un trèèès vieux principe musical…. Et donc ce qui donne le petit plus, ce qui fait tout le piment de la chose (ou son hazarai:) c’est donc le delay qui vient gonfler le son et si le timing est bien réussi est censé créer un effet assez hypnotique. (j’ai bien dit « censé » hein).
Le plus compliqué finalement pour ce morceau aura été la ligne de chant, au niveau musical, les accords du refrain et du final sont venus « tout seul » et on a pas eu à travailler la structure ou l’harmonie plus en avant. C’est vraiment la mélodie de voix qui a mis du temps, à la fois un problème dans la manière de la prendre, au début, j’ai essayé très aigu, mais bon ça marche pour le chanteur
de sigur ros, pour moi ça marchait moins bien
alors finalement c’est plutôt dans les graves que c’est devenu « extrême », pas un extrême absolu mais y a certainement là les notes les plus basses que j’ai jamais chantées je pense.
L’autre problème a été de pas se laisser parasiter par la mélodie de la guitare qui prend déjà pas mal de place et de se creuser la tête pour trouver une ligne qui la complète bien et apporte quelque chose, au début, l’essentiel des notes de la voix tournait autour de l’accord
joué, ce qui fait quelque chose d’un peu pauvre mais très « lisse » à l’oreille, finalement le couplet a été scindé en deux, le début qui « ronronne » donc avec les accords et reste dans une tessiture moyenne et la deuxième moitié qui monte, essaie de poser une dynamique plus présente et a un développement mélodique plus important.
Ce qui tombe pas trop mal étant donné que l’idée du morceau est d’opposer la violence (abaddon) à l’idée d’un endroit sûr, protégé (avalon), ça a l’air très pompeux et conceptuel comme ça alors cassons ça tout de suite : « avalon » faisait partie du yaourt que je chantais à l’origine et exprimait donc cette idée de lieu/époque béni qui collait bien à ce riff « new age » noyé dans le delay… j’aimais bien la manière dont je descendais dans les graves sur ce mot et je voulais le conserver dans les « vraies » paroles, donc « abaddon » qui est presque pareil tombait bien. C’était après avoir assisté à un vol plutôt violent dans le rer, je m’étais dit que l’idéal pour casser le « new age » et le gnan gnan d « avalon » (pour qui ne fait pas de metal symphonique, avalon c’est quand même gnangnan), c’était de l’opposer à la violence bien réelle qui peut surgir à n’importe quel instant.
Et là vous vous demandez peut être le rapport entre ça et « des passages dans les arbres »… il y en a aucun, c’est juste un titre suggéré par Loïc et Pierre. Les circonstances… bah gardons un peu de mystère… Mon titre à moi pour le morceau serait plutôt « a history of violence », comme le film du même nom mais en même temps des passages dans les arbres c’est chouette. et ça rejoint la série des morceaux qui ont changé de noms ou qui ont un nom secret (si jamais vous vous demandiez ce que signifiaient les noms barrés sur les bouts de papier avec les titres de morceau sur l’image du minisite de l’ep3, tudup c’est le nom qu’on donnait au morceau avant qu’il y ait de vraies paroles et majulieta c’est un nom secret, dans le sens où il ne parlerait à personne d’autre que moi et que « come on » finalement résume mieux le morceau ) : http://www.staircasewisp.com/ep3/)