A clock interrupt was not received on a secondary processor
ou comment on fait pour sortir le disque de Noël en juin chez Staircase Wisp

Récemment on nous a demandé sur notre page Facebook si le groupe existait encore… hum… le pire c’est que c’était plutôt mérité, car on n’avait pas donné de signe de vie depuis le dernier concert à l’Espace B et ça fait déjà un bail… Pareil, sur disque, rien de nouveau depuis presque 3 ans et le 2 titres Cornflakes For Chistmas.
Pourtant Staircase Wisp ne s’est jamais arrêté, depuis 3 ans on compose et on bosse des morceaux, plein de morceaux, que vous avez pu entendre en concert pour la plupart d’entre eux mais le temps où on était des étudiants en week-end le mercredi soir est loin et ça devient difficile de jongler entre toutes ses occupations et d’en même temps sortir des disques, surtout quand on a les deux défauts suivants :
- il est facile de commencer une compo mais la finir ça relève parfois de la révélation, et une révélation ne s’obtient qu’en jouant encore et encore, parfois jusqu’à la frustration
- il est infiniment difficile de dire que c’est fini, jusqu’au jour où l’on sait que c’est fini et là on le sait
Mais donc malgré tout ça, Frank Says on avait prévu de le sortir à Noël comme le précédent, c’était tout à fait possible, en fait des versions presque finalisées des morceaux étaient prêtes vers la mi-décembre et ça aurait été écoutable, pas parfait mais le but de ce genre d’EP c’était plutôt la spontanéité. Et puis forcément y a un truc qui a merdé (en musique, on l’apprend vite, y a toujours un truc qui va merder…)
Chez Staircase, on enregistre depuis le début nos disques nous-même au local avec un petit parc de micros constitué au fil des ans et un ordinateur. Pour Frank Sas, c’était moi qui devait m’occuper du mix
et ça partait plutôt bien pour que ce soit confortable (sur l’EP#2, j’avais poussé ma machine aux limites de ses possibilités, avec l’obligation parfois de geler des pistes, c’est à dire de les calculer définitivement pour libérer du temps processeur) : j’avais un PC intel quadcore avec 6 gigas de ram, une bonne carte-son, des enceintes pas parfaites mais que je connais bien et avec l’expérience acquise sur l’EP2, à peu prêt confiance dans ma maitrise de l’outil, à savoir la dernière version de Cubase (acquise légalement et tout..).
Ce que je n’avais pas prévu c’est que Cubase serait le seul logiciel à planter sur cette machine, de manière aléatoire et sans cause isolable : au bout de 2 minutes ou d’1 heure de mix
ou de prises, un bel écran bleu qui apparait avec le message cryptique suivant : A clock interrupt was not received on a secondary processor.
Un message qui a hanté mes nuits et mes jours, à tel point qu’il a failli être le titre de l’EP. Le problème quand on est informaticien, c’est que c’est le genre de choses qu’on voit comme un challenge, on va pas juste donner un grand coup dans le pc, on va plutôt passer des heures et des heures à chercher des infos sur le problème, à essayer des tas de solutions… changer de carte-son, désactiver des options etc etc.. et on essaye de travailler quand même, de grapiller 10 minutes ou plus de mix
avant que ça plante. Avant de se rendre à l’évidence, que ça ne marchera jamais et de se résoudre à racheter un PC, pour un seul logiciel, mais quand c’est la seule chose qui compte…
A ce moment là, Noël était depuis longtemps passé, plus de deadlines du coup et plus de raisons de ne pas se laisser aller à la recherche du mix
parfait : autant pour Chocolate Cake, le son est relativement simple et le mix
a été quasiment fixé vite, autant pour Mad World, les versions se sont succédées, les instruments empilés avant que finalement en réécoutant au casque un matin (généralement je mixe le soir et je réécoute à froid le lendemain au boulot), l’évidence était là, on y était.
Mais on était aussi fin avril et je partais en vacances, très vite, trop vite pour préparer la sortie, je me suis vaguement dit que je gérerais ça pendant mais impossible d’avoir la bande passante pour uploader des version Wavs pour Bandcamp alors Frank Says a du attendre mon retour pour sortir, et moi j’ai eu un mois pour l’écouter et douter et résister à la tentation de me dire qu’on le sort pas et on corrige le tout petit poc de voix à peine audible sur Chocolate Cake, ou telle intonation pas naturelle sur Mad World… Pour Lullaby encore pire, je suis toujours « complexé » par mon jeu de piano lourdaud sur tout le début, et puis est-il à sa place là, enregistré dans l’urgence, à vif et très imparfait quand le reste a été très travaillé, poli et repoli dans les moindres détails.
Et donc c’est comme ça que j’ai rencontré votre mère les enfants!
euh nan je me trompe de série, c’est comme ça qu’on a fait pour sortir le disque de Noël en juin chez Staircase Wisp!
N.B. : Vous pouvez écouter ou télécharger Frank Says sur Bandcamp!



