Juin c’est mort
pas mal hein le jeu de mot? enfin pour ceux qui connaissent le morceau en question… pourtant quand j’ai finalisé l’image présente maintenant en page d’accueil du site, j’ai bien hésité à écrire « out june 2009″ , on était tellement prêt de la fin (cf la dernière note), on avait l’échéance de la fête de la musique qui était une belle occasion de présenter enfin le disque. Et puis non…
Pourtant ce n’était pas un mensonge de dire qu’on était vers le milieu de la fin, le mixage est fini depuis belle lurette, la couv aussi, la demande sacem réglée. Ca fait environ 3 mois qu’on en est au mastering.
Bon c’est le moment de parler technique et de vous apprendre des choses utiles pour changer : avec le mp3 ça le fait moins qu’avant mais régulièrement on nous saoule avec des éditions remasterisées de la mort qui tue censées convaincre de racheter un disque qu’on avait déja en vinyl ou en K7 (bon anniversaire le walkman au fait). Sauf que personne explique jamais ce que ça veut dire, à croire que « master» soit assez connoté positivement pour faire de nous des esclaves du marketing….
Donc dans un disque il y a généralement 3 grosses étapes : les séances de prise de son d’où on sort un matériau brut, des mises à plat, c’est à dire un truc pas mix
é mais suffisamment quand même pour qu’on puisse pas dire « ‘meuh non ma guitare disto elle déchire, c’est juste que tu l’entends pas dans le contexte « … par exemple… De là, on mixe : on règle le niveau des différents instruments, on ajoute les effets et souvent on réenregistre car en cours de route on trouve des trucs trop bien et les parties qu’on joue en live de façon différente finissent par être fixées.
Le mix et la prise de son ne sont donc pas deux étapes figées, distinctes dans le temps, surtout quand on est auto produit et que la seule limitation aux nombres de séances est la bonne volonté des autres membres du groupe (ils en ont souvent plein…)
Mais donc à un moment, on fait moins de prises de sons, on rajoute de toutes petites choses, on bouge moins radicalement les choses et puis un jour on se dit c’est bon, on y est , ça a rien de prévisible. De se dire c’est bien, on a une bonne démo, ça quelques mois après le début, on y était déjà. Mais avant d’entendre quelque chose qui pour moi était un disque de staircase wisp, quelque chose qui a la même charge que je trouve encore dans ce vieux juin est mort, son mix bancal, la slide un peu fausse, les grésillements du micro, il en aura fallu du temps.
Mais un jour c’est arrivé, on s’est dit c’est fini, on a arrêté de mixer, sorti du logiciel une série de fichiers WAV, un par morceau et il était temps de masteriser.
Mais donc masteriser c’est quoi : c’est assez compliqué et puis comme souvent sur internet je risque de vous dire une sorte de demi-vérité mais bon la bouteille à moitié pleine tout ça alors donc… la finalité du mastering c’est de préparer un disque pour qu’il puisse être correctement reproduit sur son support physique… à la base… au temps du vinyl par exemple ç’était tout particulièrement important parce que dépasser l’intensité de signal maximal en gros ç’est comme quelqu’un qui écrit tellement mal et gros qu’il déborde sur la ligne d’en dessus et d’en dessous et qu’on comprend plus rien du coup.
En digital on aurait plus croire que c’est plus simple mais en fait pas vraiment : plus simple parce qu’on ne peut pas dépasser le maximal, à savoir 0 Db . Et oui par convention en son, le niveau maximal c’est toujours 0, sauf qu’en pratique du bon matériel analogique va supporter plus que le maximum, cad + 4Db, tandis que le materiel numérique lui va tronquer le signal à 0 db. Donc tout une partie du son est perdue et remplacée par de la distorsion. L’un des objectifs du mastering est donc que ça n’arrive jamais. Donc en gros au mastering, on va monter le niveau du son, en écrasant le signal : les crêtes, les moments puissants auront moins de différence de volume avec les passages calmes. Mais comme les passages calmes ont plus de volume qu’avant, on a l’impression que finalement le son est plus fort, plus plaisant alors qu’on a perdu en dynamique.
Le mastering sert aussi à harmoniser parfois le niveau entre les différents morceaux, à corriger des problèmes d’équalisation, voir même si on a pas de chance ou pas de sous pour recommencer à corriger les erreurs du mix (en théorie c’est le mal mais bon…).
Mais donc gloabalement le mastering altère le mix tel qu’il a été voulu dans l’optique d’en faire quelque chose de meilleur par rapport au média de publication. Donc vendre quelque chose de remasterisé, c’est faire confiance à quelqu’un qui n’est souvent ni l’artiste, ni la personne à l’origine du mix initial, pour gonfler le volume et faire « mieux» . Personnellement je préfère entendre les disques tels que ce qui les ont fait à l’origine les voulaient et même si la personne qui fait le mastering est un super ingé son avec des oreilles en or, j’aimerais bien savoir ce qu’il à fait à « mon» disque, comment il a envisagé son travail dans le respect de l’oeuvre et ça bien sûr on le lira jamais dans le livret d’une version « remasterisée» .
Bon je vous ai expliqué pour quoi « remasteriser» ne rime pas avec « qualité» mais j’ai toujours pas dit pourquoi notre mastering à nous traine.
Mais il est tard et sommeil. Ca sera pour une prochaine fois.
(un peu comme le disque du coup…)
