En cette saison de doux glandage pour la plupart d’entre nous et d’entre vous, le clic
est souvent paresseux mais j’espère qu’une page ne vous aura pas échappé, fidèles lecteur sur le mini-site consacré à la sortie de notre dernier EP. Enfin une page par morceau, en réalité sur lesquelles Micky a tenté de retracer un peu de la vie de chaque titre.
Ca m’a moi-même donné l’envie de faire un peu d’archéologie dans mes disques durs et m’a permis de vérifier par la-même que l’évolution des morceaux au fil du temps était énorme, parfois réellement étonnante. Etonnante surtout parce qu’on oublie vite. On oublie que parfois à l’écoute de la première ébauche de mix
, qui aujourd’hui nous fait grincer des dents, on a été très satisfait. On oublie qu’au bout de plus de deux mois de travail on est reparti de zéro, on oublie qu’on a fait 15 prises de batterie pour un morceau, 150 prises de guitares avec 300 sons différents et qu’à la fin on ne supportait même plus la prononciation du titre d’une chanson…
Mais je ne résiste pas à l’envie de compléter ce travail de généalogie qu’à fait Micky et de vous faire profiter de quelques morceaux choisis (extrêmement choisis)
Essayons de faire ça dans l’ordre.
L’idée d’un nouvel enregistrement a été évoquée très rapidement après mon arrivée dans le groupe, qui remonte je crois à décembre 2006. Ca file. La première étape a été de faire une sorte de maquette « live », quelques semaines après nos premières répétitions ensemble.
J’étais, à l’époque, au sommet de ma gloire et arborais, je dois le dire, le titre de richissime propriétaire terrien vivant dans de vastes villas toutes équipées. Frigo, lit, fosse septique. Tout.
Nous avons installé une batterie électronique et un PC dans le salon de l’une d’entre elle que je partageais alors avec une jeune notable, proche d’une amie de la femme du garde des sceaux de l’époque, qui, brave homme, pouvait s’enorgueillir d’afficher l’embonpoint bien légitime des vieux hommes de pouvoir grassement repus par des années de petit fours et de dîners mondains inhérents à leur condition d’enfoirés. Mais je m’égare.
On a branché en direct guitares, basses, micros et claviers dans mon interface audio et on a enregistré la plupart des morceaux que le groupe avait en réserve. On était pas encore très rôdés tous les 4, je tâtonnais sur mes parties qui pour la plupart n’étaient pas définitives.
Cet enregistrement que j’avais fini par oublier n’est en réalité par dégueulasse. C’est de la prise très simple, c’est live, je ne crois pas qu’on ait vraiment pris le temps de rejouer les morceaux s’il y avait un pain, mais ça devait nous servir de base, en tout cas moi je voulais m’en servir de base pour travailler mes parties de mon côté et pouvoir en faire une écoute correcte.
Commençons donc cette écoute archéologique par Shooting Stars et donc par sa version démo « live ».
Je n’ai pas beaucoup de « restes » de l’enregistrement de ce morceau. N’y jouant que du clavier, je l’ai plutôt délaissé pour m’occuper de titres sur lesquels j’avais plus de travail. Je me suis mis très tard à travailler dessus. Je n’ai jamais été content des prises de clavier que j’avais faites et j’avais mis tout ça de côté. Au mois de septembre de l’année dernière, j’avais donné au reste du groupe tout les fichiers de travail (les « projets ») de l’EP alors que j’avais décider de me mettre un peu au vert et Micky a utilisé comme prise définitive une prise de clavier test que j’avais laissé traîner dans le projet. C’est donc une prise un peu bancale que j’avais oublié de supprimer que vous entendez dans l’enregistrement. Ca fait sérieux hein ? Mais l’aviez vous remarqué ? Oui ? Ah.
En cherchant un peu je suis tombé sur ce mix très brut qui se limite à batterie/basse.guitare(s). C’est la base de la version définitive. La comparaison des deux peut être amusante.
Tiramisu n’existait pas au moment de la maquette dans le salon. J’avais donc bricolé une petite maquette avec boîte à rythme (et une curieuse idée, deux basses fretless à l’octave) afin de poser mes guitares en testant différent sons (du petit fenderien plutôt clair, du gros gibsonnien plutôt gras).
En voici une version avec, je crois ma bonne vieille charvel CX291, ma toute première guitare électrique.
Voici une version avec voix témoin datant des premières sessions d’enregistrement, pendant l’été 2007. Cette version a servi de base à la Tiramisu « Summer Flavour » qui était écoutable pendant pas mal de temps (beaucoup trop
) sur le MySpace de Staircase Wisp.
Comme pour la plupart des autres morceaux, rien de ce qui a été enregistré cet été là n’a été gardé. Nous avons tout recommencé mi septembre. Ce qui a donné ceci qui sert de base à la version finale.
Comme Tiramisu, When Will The Days n’existait pas à l’époque de la démo dans le salon. Je crois que c’est un des morceaux du disque qui a le plus rapidement été le plus abouti dans le son et pourtant je pense que c’est un de ceux sur lequel on a le plus continué à bosser.
Ce qui pourrait faire office de démo est la version que Micky avait fait seul pour un film et qu’il a posté sur le mini-site de l’ep.
Voici la seule trace que j’ai trouvée de la version des premières sessions.
Toutes les pistes autre que la batterie sont des pistes « témoin » ou de bidouillage. On est très loin du son assez massif de la version finale, y compris au niveau du son de batterie. J’avais oublié ce doublage de la guitare à la Fender VI.
La plus vieille mise à plat que j’ai retrouvé de la deuxième session est déjà beaucoup plus proche de l’esprit du produit fini (c’est pas beau dit comme ça).
On relèvera le magnifique phaser hors de contrôle sur les sorties de refrain. Sublime. J’en mettrais chez moi.
Et voici une version de Février 2008. Quasiment tout y est. C’est encore la prise de chant témoin, qui sature un peu par endroit et les claviers ne sont pas les prises finales faites par micky mais des trucs que j’avais programmé dans Cubase. Et puis il n’y avait encore les violons à la fin. Sur le couplet, deux guitares jouent le riff, une plutôt claire et une avec un son crunch
, celle qu’on entend le plus. Cette guitare n’est jouée ni par Micky ni par moi mais par le Grand Sam, Mister Tagada lui-même.
The Day My Brain Collapsed est un des deux morceaux des premières sessions de l’été 2007 qui ont survécu.
Le voici tout d’abord dans sa version « session dans le salon ». On y entend ma fière Variax se faire passer pour une guitare acoustique et partir en errance totale sur le pont.
Voici une version du même morceau qui remonte à Février 2008.
J’avais tenté de donner un côté très froid au son, notamment sur le deuxième couplet en enlevant la guitare rythmique et en remplaçant le son d’orgue par quelque chose de plus… sombre. A noter une délicieuse tentative totalement foireuse de guitare fretless sur le pont. C’est faux et ça n’apporte rien. J’espérait en tirer un son proche d’un violon en pizzicato. Beh nan. J’aimais bien aussi le petit bidouillage vocal de Micky sur la fin.
Le centre du monde est le deuxième rescapé des premières sessions.
Ce morceau a eu droit à sa version démo dans le salon. Et Loïc en a chié car sa partie de batterie sur les couplets est parfaitement insupportable à jouer sur ma batterie électronique chinoise à deux balles, ce qui se traduit par quelques gloussements maîtrisés de Micky au début du chant. Rien ne saura jamais remplacer le bois et le métal. Encore qu’on trouve de bonnes haches à manche en plastique…
Et voici une des premières mise à plat de la version qui deviendra finale.
Micky avait oublié de faire un chant témoin, ce qui posait problème à Loïc pour enregistré ses batteries. Nous avons donc fait ce chant témoin lui et moi, surtout lui, avant d’enregistrer la batterie. malheureusement je n’ai pas retrouvé d’enregistrement avec ce chant glorieux mais je compte bien y remédier car franchement, quand vous y aurez goûté vous ne pourrez plus vous en passer. Un trésor qui je l’espère n’est pas perdu…
C’est sûrement un des morceaux ou j’ai eu le plus de mal à trouver le son de guitare que j’avais en tête. Et puis tout d’un coup ça a marché tout seul. J’ai enregistré ça comme souvent seul à la maison dans ma chambrine, à l’abri des regards indiscrets et impatients. Au final on doit y entendre au moins 5 modèles de guitare différents.
What The Point? est avec When Will The Days et surement Méliès un des titres qui est passé par tous les types de sons possibles avant de trouver sa forme définitive.
Commençons avec sa démo dans le salon.
Petite tricherie ici, ma partie de guitare a été enregistrée plus tard il me semble. Les autres jouent live.
Voici une mise à plat de la version enregistrée pendant les premières sessions, pains inclus.
Cette version ne passera malheureusement pas l’été. Les batteries ont été réenregistrées au moins de septembre et ensuite elle est un peu passée par toutes les couleurs. Ce morceaux change complètement de caractère en fonction du type de guitare avec lequel on va le jouer. Je n’ai pas pu remettre la main sur une version « tout fender », mais j’ai retrouvé une curiosité : une version « edit » où j’ai tenté de raccourcir le morceau pour le rendre un peu plus « direct ». Concluant ou pas… J’ai tenté de masquer les coupes trop audibles avec une guitares acoustique mollassonne jouée quasiment à vide avec un open tuning bizarre.
Il me semble que dans cette version qui remonte à Février 2008 ce sont déjà les parties de guitares définitives. Micky joue sur son duo habituel Jazzmaster
/AC15
et de mon côté je crois que j’avais retenu ma Les Paul
Classic jouée sur mon très rudimentaire Epiphone Valve Junior.
Méliès a également eu une belle évolution.
Voici sa démo dans le salon... bien molle !
Six mois plus tard, elle reprend un peu de nerf lors des premières sessions d’été mais en voit de toutes les couleurs :
http://pilal.free.fr/staircase/001_m%E9li%E8s.mp3
http://pilal.free.fr/staircase/recording/005_melies%20downmix.mp3
A l’automne, on repart de zéro, et je continue à triturer les sons de gratte, et comme en juillet pas toujours avec bonheur ni bon goût…
http://pilal.free.fr/staircase/recording/MAP/m%E9li%E8s-01.mp3
Kallenovsky a été enregistrée bien après les autres titres et finalisée en parallèle. Initialement elle ne devait pas figurer sur l’EP.
Petite pépite archéologique : lorsque Micky nous a proposer de reprendre cette chanson, j’ai rapidement fai un petit essai chez moi… Bien inspiré, j’avais cette fois encore tenté la guitare fretless.
Il y a cependant dans ce petit furoncle sonore un petit quelque chose qui me plaît…
Ensuite on a décidé d’enregistrer le morceau en janvier 2008. Je crois même que c’était le 19… C’est allé assez vite : on est allé à la salle de répet pour enregistrer le chant témoin, la guitare de Micky et la batterie. Après quelques prises de batterie le groupe qui devait répéter dans l’après midi est arrivé et nous a interrompu, nous obligeant à remballer. Nous sommes allés dans un bar écouter le résultat de la dernière prise de batterie qui par chance était bonne. Dans la nuit qui a suivi, j’ai enregistré les guitares avec mon Vox ToneLab, un simulateur d’ampli… Et oui c’est même pas de la vraie lampe chaude… Je crois avoir fait les guitares en une prise.
Voici la version en question.
Sam n’était pas là, il n’y a pas de basse, seulement le gros son ventru de mes Les Paul
. Après avoir écouté ça, Sam a décidé de tirer au flac et il a fallu insister pour qu’il enregistre une ligne de basse.
C’est sûrement le truc le plus étonnant qu’on ait fait : la batterie a été mise en boîte presque tout de suite, sans même trop de tâtonnements pour le positionnement des micros, la prise de son, les guitares sont passées tout de suite et d’emblée ça sonnait.
En grand psychopathe, ça ne m’a pas empêché de réenregistrer toutes les guitares quelques mois plus tard.
Voici une version avec les guitares finales et ce qui aurait du être les voix définitives elles aussi. A la suite d’un crash disque, j’ai malheureusement perdu la version la plus avancée du projet et Sam et Micky on du refaire leurs chants au tout dernier moment. Je dois dire que j’ai un petit faible pour la version qui suit, avec la petite voix à l’octave inférieure sur le premier couplet et un chant un peu plus doux.
Auscultons enfin The Quest.
The Quest a bien eu droit à sa version « live in the living room ». Mais très honnêtement, vous n’avez pas besoin de ça. J’insiste. Il faut bien admettre qu’elle est terriblement ratée.
Passons directement à cette bizarrerie sonore. Nous sommes au premier jour des premières sessions de batterie. On vient de finir l’installation des micros de batterie et après un premier test sonore à la vulgarité savoureuse, que j’ai déjà posté sur ce blog, on fait un petit test avec The Quest.
J’y reconnais ma bonne vieille Charvel dans le SansAmp de Micky et ma légendaire Funky Touch à la basse. Quant à Loïc, tous charley ouverts, il a une attitude assez Grohlienne je trouve.
Après le réenregistrement des batteries à l’automne, j’ai mis des mois tourner en rond sur ce morceau. Tout le monde ou presque avait posé ses parties, il ne manquait que les petits solos de micky sur la partie centrale et l’intro.
J’ai du changer, quand j’ai fini par m’y mettre, 100 fois de parties et de son. Au final j’ai le mix
de gratte le plus compliqué du monde à la fin du morceau. J’en suis assez mécontent d’ailleurs.
Voici une des versions de travail, avec une partie finale un peu moins « héroïque » que celle qui a été choisie.
Et voici une autre fin, qui ressemble plus à ce qu’on a gardé.
Doubler la solo avec une Wah-Wah hystérique sur les deux guitares il fallait oser… Je l’ai fait.
Bon et bien merci et bravo si vous êtes arrivés au bout de ce post, vous êtes endurant.
A bientôt pour une mise à jours pleine de trésors, peut être.